Cet article a été écrit dans le cadre de l’initiative Génération Z. Depuis 2010, Génération Z, une initiative de La Liberté, offre une expérience authentique du métier de journaliste en presse écrite ou en vidéo à des élèves du secondaire de la Division scolaire Louis-Riel (DSLR), pour qui le français est leur deuxième langue. Afin de les encourager, prenez le temps de lire leurs articles, et écrivez-leur un commentaire à [email protected].

Par Brynn Bazylo 10e année Collège Béliveau.

Les élèves y sont invités si leurs notes sont égales ou supérieures à 80 % et leur moyenne générale égale ou supérieure à 90 %.

Jennifer Oldfield, directrice adjointe, décrit cette soirée comme une tradition au Collège Béliveau : « Ça fait plusieurs années qu’on fait cela. L’idée, c’est vraiment de célébrer les succès académiques, et donc les forces de certains de nos élèves qui ne seraient peut-être pas reconnus en sport, par exemple. »

Les années précédentes, cette célébration était un gros évènement au gymnase. Mais cette année, elle était plus courte et à la médiathèque, car de plus en plus de personnes dans l’école pensent que cette soirée laisse des personnes de côté et crée trop de pression sur les élèves.

Certains élèves et enseignants sont pour son abolition, d’autres pour la refaire dans le gymnase comme un gros évènement, d’autres encore pour simplement la garder comme elle est dans la médiathèque.

Une reconnaissance

Plusieurs élèves voient cette soirée comme l’une des meilleures façons d’être reconnus pour le travail qu’ils ont fait pendant l’année précédente, devant familles et amis. Gift Opoola, élève en 10e année : « Ça donne de la reconnaissance à certains élèves et de la motivation à d’autres, et c’est un bon moment quand tu es appelé pour recevoir ta récompense. »

Pour Stella Dijeh, élève en 11e année, cette soirée pour honorer la réussite académique est comme une célébration de mission. « Ça demande beaucoup plus que les parents et les enseignants ne pensent. Tu fais tout ce travail et finalement, les personnes te reconnaissent pour cela! »

Des inquiétudes également

Cependant, il y a aussi des inquiétudes au sujet de célébrer seulement les académiques. Jennifer Oldfield : « C’est très important de reconnaitre les élèves qui travaillent vraiment fort dans leurs cours, mais l’éducation, à mon avis, devrait être une collaboration et non pas une compétition. Je m’inquiète un peu du côté compétitif de cette soirée. »

Damien Lemoine, également directeur adjoint, s’inquiète aussi pour les personnes non invitées. « C’est important de reconnaitre les élèves qui travaillent fort en salle de classe. Mais reconnaitre seulement l’académique, ce n’est pas non plus toujours la meilleure chose, parce que nous avons des élèves pour qui 90 % n’est peut-être pas atteignable. Ces personnes-là, ne les célèbre-t-on jamais? »

En plus des notes, il pense qu’« il y a aussi des choses comme la citoyenneté, l’appartenance, être une bonne personne. C’est important de reconnaitre ces habiletés-là aussi ».

Une discussion vers un compromis

Plus tôt cette année, M. Lemoine et Mme Oldfield ont eu une discussion avec des élèves à ce sujet, dans un effort d’arriver à un compromis pour les prochaines années.

Damien Lemoine explique sa perspective : « L’école et le monde, ce n’est pas seulement Qu’est-ce que tu as eu à ton test de chimie? Qu’est-ce que tu as eu comme note finale en physique? C’est aussi des soft skills, comme on les appelle. Être une bonne personne, généreuse, gentille, sympathique, qui aide ses camarades de classe. » C’est ce qu’il voudrait célébrer.

Et les élèves? Stella Dijeh, qui a participé à cette discussion, pense que « quand tu seras plus vieux par exemple, tu auras un travail et des fois, il y aura des promotions qui seront surtout données parce que les personnes ont bien travaillé.

« On ne dira pas que comme certaines personnes ne reçoivent pas de promotion, alors on va arrêter d’en donner. Ce n’est pas comment la vie fonctionne, et je pense que cette soirée nous prépare bien pour la vie post-secondaire. »

À la suite de cette table ronde, des changements à la soirée ont été faits dès cette année, notamment son déplacement à la médiathèque. « C’est une atmosphère beaucoup plus intime, décrit Jennifer Oldfield, et ça nous fait épargner beaucoup d’argent. J’aime ce changement. »

Autre que le lieu, le plus grand changement portait sur les types de récompenses. Dans le passé, les enseignants pouvaient nominer des étudiants spécifiques dans différentes catégories. Il y avait des certificats en arts, sciences et beaucoup d’autres.

« Les enseignants faisaient des petits discours pour dire qui recevait quoi, et pourquoi, explique Stella Dijeh. Ça renforçait tout le travail et l’effort mis pour recevoir ceci. »

Enlever ces certificats spécifiques est une façon de réduire la compétitivité, cependant ils ajoutaient beaucoup au plaisir de la soirée. Gift Opoola veut que ces certificats reviennent. « Je veux quelque chose qui reconnait quand tu fais l’effort sur quelque chose, pas seulement une récompense de participation. »

Quel verdict?

Les deux directeurs adjoints affirment qu’ils ne veulent pas se défaire de la soirée d’excellence, simplement la modifier. Jennifer Oldfield sait qu’elle est très importante pour la communauté, mais elle veut « un système d’éducation où tout le monde travaille ensemble pour s’améliorer constamment. C’est un peu contraire à l’idée de la soirée ».

Les élèves qui travaillent vraiment fort, comme Stella Dijeh, veulent, eux, que ça retourne au gymnase « parce que c’est une affaire importante. Toutes les personnes qui essaient de leur plus fort devraient être reconnues pour ça ». Cette célébration est un point de fierté pour eux et leurs familles.

Mais ça peut aussi être une source de stress, et le système de la soirée d’excellence peut être vu comme injuste. Les directeurs adjoints confirment que le destin de la soirée est encore en discussion.