C’est ce que suggère une étude menée auprès de 1500 enfants de 11 à 13 ans aux États-Unis. Ou plutôt la première étape d’une étude à long terme : l’intention du professeur Justin Martin, du département de journalisme et communication numérique de l’Université de Sud-Floride, est d’effectuer un suivi de 8000 jeunes sur 25 ans, afin d’explorer plus en profondeur les liens entre l’usage des outils numériques et le bien-être en général. 

Selon la première phase de cette enquête, menée en novembre et décembre, 78 % des 1510 enfants ont rapporté avoir un « téléphone intelligent » (smart phone) et parmi eux, 21 % ont rapporté des symptômes de dépression ou d’anxiété. Ces deux chiffres ne prouvent aucune corrélation, puisque de l’autre côté, chez ceux qui n’ont pas de téléphone, 26 % ont rapporté de tels symptômes.

De plus, les enfants avec un téléphone passaient en moyenne plus de temps en personne avec des amis que ceux sans téléphone, ce qui semble contredire les craintes d’un impact négatif des écrans sur les relations interpersonnelles. La différence de revenus des parents ne semble pas non plus être un facteur. 

Par contre, ce qui a surpris les chercheurs, c’est le fait que les enfants qui ont dit écrire souvent sur les réseaux sociaux étaient deux fois plus susceptibles que les autres de rapporter ces symptômes de dépression ou d’anxiété : soit 54 % contre 25 %. 

L’étude ne permet pas de dire s’il y a une corrélation entre la hausse de l’usage des réseaux sociaux et la hausse des problèmes de santé mentale : elle peut seulement comparer ceux qui publient « souvent » sur les réseaux sociaux avec ceux qui publient « rarement », ou pas du tout.

Néanmoins, commente Justin Martin dans le magazine de vulgarisation The New Scientist, ces résultats préliminaires s’ajoutent aux signaux d’alarme des dernières années : « nous recommandons que les parents et les adultes envisagent de garder leurs enfants à distance des plateformes sociales sur lesquelles ils peuvent écrire fréquemment. »

C’est là, à ses yeux la seule recommandation qui aurait du sens — considérant qu’il serait plutôt difficile de dire à un jeune « tu peux utiliser Instagram, mais tu ne peux pas publier. »